Un voilier nommé Velella

Image de couverture : Unconventional Mermaid: Portuguese Man o’ War. Auteure : MayContainBirdseed. Source : Deviantart.

Traduit par Marc Long

Au début de l’hiver, la nouvelle annonçant l’échouage de milliers de «méduses» sur les plages galiciennes a fait écho dans la presse et sur les réseaux sociaux, il s’agissait d’échouages de Velella velella mais aussi Physalia physalis. Cependant, malgré leur apparence de méduses, il s’agit en fait de colonies d’organismes et non de méduses individuelles.

Velella et Physalia sont des cnidaires de la classe des hydrozoaires.

Distribution de Velella velella en Europe. Source: Mer et Littoral

La Velella velella, commune sur ces côtes espagnoles, est populairement connue sous le nom de vélelles (veleiriños ou encore «medusa velero» en espagnol).

En Europe, elles sont plus abondantes en Méditerranée, dans l’ouest de la péninsule ibérique, en France et au Royaume-Uni («by-the-wind sailor» ou « marin au gré des vents »).

Portées par les vents et les courants, leurs invasions de plages, peuvent former des images spectaculaires avec des millions d’individus le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, en Italie ou même en Nouvelle-Zélande. Sur les plages de Ligurie (Italie), on a compté entre 20.000 et 120.000 colonies/m2 !

Le deuxième envahisseur, Physalia physalis (un peu moins commun ici), est précédé de sa renommée et de son surnom: Man o’War portugais («Galère portugaise» en français). Les vélelles et les Physalies sont toutes deux bleues grâce à des pigments caroténoïdes (astaxanthine) obtenus de leurs proies. Ils servent à les protéger des rayons UV et à se camoufler de prédateurs tels que les oiseaux, les tortues et les poissons. Malgré leurs couleurs similaires ces deux organismes présentent des différences importantes comme nous allons le voir…

Les vélelles ne sont pas dangereuses pour toi (ni pour ton chien qui se promène sur la plage), mais elles ont quand même des cellules urticantes et il n’y a aucune raison d’aller vérifier qu’elles piquent bien. Elles sont plus petites que les Physalies et se distinguent par leur “voile” sur la partie aérienne (contrairement aux galères portugaises qui, elles, ont un flotteur).

Il n’est pas conseillé de toucher l’une ou l’autre, et si vous voyez le flotteur d’une Physalia, ne pensez même pas à aller vérifier que ce que je vous dis est vrai. Dans certains cas, leur piqûre peut être grave. Elles peuvent provoquer des lacérations de la peau et, au minimum, elles vous laisseront une douleur persistante et gênante.

Heureusement, l’échouage de ces hydrozoaires se produit généralement en dehors de la saison estivale et le risque d’une mauvaise rencontre est relativement faible. Mais faites attention si vous les rencontrez sur la plage. Leur couleur bleue est attirante mais… On ne touche pas !!!

Le nouveau projet scientifique collaboratif DIVERSIMAR (IEO) a signalé son arrivée en janvier, et fournit une description complète de Physalia.

“Avec des vents de Nord et d’Ouest les «Galères portugaises» apparaissent sur les plages galiciennes. Elles sont craintes par les baigneurs et les pêcheurs en raison de leur piqûre dangereuse. Elles sont apparues le long des côtes de l’arc Ártabro et la photo a été envoyée par Martiño de Praia das Furnas en Pontevedra.”

Rogelio Santos Queiruga (@QueirugaRogelio), un pêcheur et vulgarisateur que je vous recommande de suivre sur twitter, a posté une vidéo en indiquant que c’était la première fois qu’il voyait ça. Quatre heures après l’avoir touché, il sentait encore la piqûre dans ses doigts. La curiosité prend souvent le dessus, mais dans ce cas, on ne touche pas !

«Aujourd’hui nous avons trouvé dans nos filets une petite méduse «Galère portugaise». C’est la première fois que je le vois et mon ignorance m’a fait toucher ses filaments urticants. C’était il y a 4 heures et je sens encore la piqûre d’une ortie dans mes doigts. Méfiez-vous d’elles !!!»

En plus de leur aspect et de leur venin, il y a autre chose qui distingue les vélelles des galères portuguaises. Un détail qui n’est pas perceptible à l’œil nu mais qui nous intéresse tout particulièrement dans ce blog. Velella abrite des dinoflagellés symbiotiques alors que Physalia n’en abrite apparemment pas.

Les informations sur l’écologie de Velella sont limitées, mais le zooplancton (œufs de poisson, copépodes, cladocères, larves d’invertébrés, etc.) et les symbiotes dinoflagellés semblent jouer un rôle essentiel dans leur alimentation.

La relation entre Velella et ses symbiotes rappelle celles que possèdent d’autres cnidaires comme les anthozoaires, notamment les anémones et les polypes formant des récifs (associés par exemple à des dinoflagellés du genre Symbiodinium). Avec Velella, ces symbiotes voyagent et parcourent le monde

Où sont les dinoflagellés de Velella et qui sont-ils ???

A la question de «où sont-ils ?» je répondrai qu’ils sont dans le tissu endodermique des gonophores (individus médusoïdes qui vivent dans la colonie formant des grappes sur les branches génitales ou gonozoaires). À l’intérieur de l’hôte, les symbiotes ont une forme arrondie, ce sont de petites boules dorées appelészooxanthelles”.

Et pour répondre à la question «qui sont-ils» ?, je vais devoir vous raconter une histoire qui remonte à une centaine d’années.

Les symbiotes de Velella velella isolés en Méditerranée étaient appelés Endodinium chattonii en 1922, puis ils ont changé de genre. En 1924 ils étaient identifiés comme Zooxanthella, puis en 1971 ils ont été identifiés comme Amphidinium et enfin Scrippsiella chattonii en 1993.

Dans ce dernier travail (Banaszak et al. 1993), les symbiotes ont été isolé et cultivé pour la première fois en dehors de leur hôte. Les auteurs de ce travail ont observé qu’en culture, les symbiotes alternaient d’une forme de cellules rondes à une autre forme de cellules motiles recouvertes de plaques de cellulose. Et ils l’ont identifiés comme étant Scrippsiella velellae.

Scrippsiella velellae. Source: Banaszak et coll. (1993).

Cette description concernait les symbiotes de Velella velella du Pacifique et ne correspondait pas exactement à ceux décrits chez la vélelle méditerranéenne. On a donc attribué à ces symbiotes le nom de Scrippsiella chattonii. Bien sur, aucune des deux descriptions n’incluait d’identification génétique…

…et le seul travail avec des analyses de séquences génétiques n’inclut pas la morphologie. Cette étude a été réalisée sur des symbiotes de Velella dans la mer des Sargasses (Gast & Caron 1996) et ces résultats ont été discutés des années plus tard en concluant que la séquence d’ADNr 18S correspondait à d’autres séquences. Et ces séquences appartenaient à un nouveau genre de symbiote chez les radiolaires : Brandtodinium (Probert et al. 2014).

Maintenant, voyons si nous pouvons démêler le noeud…

Selon cette hypothèse, Velella velella aurait la capacité de s’associer à Brandtodinium et Scrippsiella pour établir une relation symbiotique. Et Brandtodinium serait également le dinoflagellé symbiote de plusieurs groupes taxonomiques des radiolaires (Collodaria, Nassellaria et Spumellaria) selon Probert et ses collaborateurs.

Les illustrations de radiolaires d’Ernst Haeckel (1862) incluaient ces ordres et ses représentations concernaient également les zooxanthelles.

Cette habitude d’appeler zooxanthelle tout symbiote doré présent chez les organismes marins (dinoflagellés ou non) a conduit à deux reprises à proposer l’annulation du genre Zooxanthella, justifiant la création du genre Brandtodinium.

Cependant, le succès familier et l’imprécision du terme zooxanthelle n’étaient pas des raisons suffisantes pour invalider le genre Zooxanthella (décrit par Karl Brandt en 1882). Ainsi, le genre Brandtodinium n’était pas retenu et les endosymbiotes de Velella velella appartiennent toujours aux espèces Scrippsiella velellae et S. chattonii (Guiry & Andersen 2018).

La description de S. chattonii était également incorrecte, mais uniquement en raison de problèmes techniques résolus en 2018. Ses auteurs ont omis le basonyme (nom scientifique sous lequel il était initialement nommé: Endodinium chattonii), nécessaire à la traçabilité selon l’art. 41.5 du Code international de nomenclature botanique.

J’espère que je ne vous ai pas perdus avec tant de rebondissements.

Pour être clair: les débats sur les noms scientifiques passionnent les taxonomistes et je dirais que ce débat n’est pas encore tout à fait terminé. Donc si quelqu’un vous demande quels sont les symbiotes de Velella velella, répondez qu’il s’agit de dinoflagellés ou de zooxanthelles et vous ne vous tromperez pas.

Parce que Scrippsiella velellae ainsi que les autres espèces de Zooxanthella, Symbiodinium et les nouveaux genres de dinoflagellés symbiotes comme Breviolum, Effrenium, Fugacium, etc. sont et seront toujours des zooxanthelles ! Et c’est ainsi que se termine cette histoire. Colorín, colorado, este cuento se ha acabado

Remerciements: Merci à Natalia Llopis Monferrer pour l’aide à la traduction de l’article !

Références:

  • Banaszak A.T. y col. Scrippsiella velellae sp. nov. (Peridiniales) and Gloeodinium viscum sp. nov (Phytodiniales), dinoflagellate symbionts of hydrozoans (Cnidaria). J. Phycol. 29:517-28. (1993).
  • Betti F.B. y col. Massive strandings of Velella velella (Hydrozoa: Anthoathecata: Porpitidae) in the Ligurian Sea (North-western Mediterranean Sea). Eur. Zool. J. 86: 343-353. (2019).
  • Guiry M.D. & Andersen R.A. Validation of the generic name Symbiodinium (Dinophyceae, Suessiaceae) revisited and the reinstatement of Zooxanthella K.Brandt. Notulae Algarum 58:1-5. (2018).
  • Lopes A.R. y col. “Gone with the wind”: Fatty acid biomarkers and chemotaxonomy of stranded pleustonic hydrozoans (Velella velella and Physalia physalis). Biochem. Sist. Ecol. 66:297-306 (2016).
  • Probert I. y col. (2014). Brandtodinium gen. nov. and B. nutricula comb. nov. (Dinophyceae), a dinoflagellate commonly found in symbiosis with polycystine radiolarians. Journal of Phycology 50(2): 388-399. (2014).
  • Zagalsky P.F. y Herring P.J. Studies of the blue astaxanthin-proteins of Velella velella (coelenterata: chondrophora). Phil. Trans. R. Soc. B 279:289-326 (1977).
  • Zeman S.M. y col. Trophic ecology of the neustonic cnidarian Velella velella in the northern California Current during an extensive bloom year: insights from gut contents and stable isotope analysis. Mar Biol. 165:150. (2018).

Stranded Things 2

Traduit par Marc Long

Aujourd’hui, nous allons parler du pire cas de mortalité de baleines ces dernières années. Elle s’est produite au large de la côte sud du Chili en mars 2015, détaillée par une superbe étude de Häusserman et al. (2017) et un article populaire sur le web Hakai Magazine : «Death by Killer Algae«. Il s’agit d’un article formidable avec des images aériennes réalisées à l’aide de drones. Cet article existe également en format audio.

Fermes de saumon dans le fjord d’Aysén, au sud-ouest du Golfo de Penas. Source : Patagon Journal.

Je vais ici relater les faits de manière plus résumée.

La Patagonie chilienne couvre une vaste zone, difficile d’accès et peu peuplée. En raison des nombreux fjords, îles et canaux, son littoral équivaut à deux fois la circonférence de la Terre, soit 80 000 km.

Dans ce territoire, plus précisément dans le golfe de Penas (région d’Aysén, entre 46º30’S et 48ºS de latitude), une étude de plongée sur les invertébrés, dirigée par le Dr. Vreni Häusserman, a découvert en avril 2015 les premiers restes de rorquals boréaux : une trentaine répartis dans deux zones du golfe de Penas séparées par 200 km.

Il n’est pas rare que des baleines mortes soient découvertes dans la région, mais rarement en si grand nombre et sur une période aussi courte.

Leur position, couchées sur le côté ou sur le dos, avec le ventre gonflé, indique qu’elles sont mortes dans des eaux proches et qu’elles se sont ensuite échouées sur le rivage.

Qu’est ce qui a bien pu les tuer ?

Images aériennes de carcasses de rorqual boréal documentées (Golfo de Penas). Auteur : V. Häusserman, Source : Fig. 4 (Häusserman y col. 2017).

Häusserman et son groupe sont des spécialistes des invertébrés, et non du phytoplancton, si bien qu’ils n’ont pas tout de suite pensé aux biotoxines.

Pourtant, la côte sud du Chili est touchée chaque année par des proliférations de microalgues toxiques -avec le risque que cela comporte pour la santé publique, l’économie locale et la faune marine-, c’est pourquoi les autorités chiliennes mènent des programmes de surveillance des «marées rouges», par le biais d’organismes tels que l’Institut de Développement des Pêches (Instituto de Fomento Pesquero ; IFOP) et l’Office National des Pêches (Servicio Nacional de Pesca y Acuicultura ; SERNAPESCA).

Pour découvrir l’assassin, il fallait réunir toutes les preuves sur la scène de crime.

Quelques semaines plus tard, au mois de mai, une expédition commune entre le SERNAPESCAla marine Chilienne et la police d’investigation Chilienne (PDI) a été entreprise. Elle avait pour objectif de prélever des échantillons de phytoplancton, ainsi que des échantillons de baleines pour des études génétiques, des os de l’oreille et des contenus stomacaux pour rechercher la trace d’éventuelles biotoxines. 

Dans cette vidéo, vous pouvez voir des images de l’échantillonnage. L’odeur devait être importante….

En juin, Vreni Häusserman, accompagnée de sa collègue Carolina Gutstein (experte dans l’analyse de fossiles ou « taphonomie » pour rechercher, entre autres, les causes des décès) et d’un étudiant, ont survolé la côte pour compter le nombre de corps échoués dans le Golfe de Penas.

Ils avaient compté 70 spécimens quand, au milieu du silence, quelqu’un s’est exclamé : «Oh, merde, c’est un cauchemar».

Ils ont recensé 343 carcasses de rorquals boréaux (Balaenoptera borealis), et 17 carcasses appartenant à d’autres espèces. Le tableau rassemblant ces informations dans Häusserman et al. (2017) est le plus triste que j’ai jamais vu dans un article scientifique et cette macabre liste fait 14 pages !!!

Qu’ont-ils découvert dans les échantillons de 2015 ?

Alexandrium catenella (image d’épifluorescence, marquée avec calcofluor). Auteur : Pablo Salgado.

Aucune des carcasses étudiées en mai 2015 ne présentait de signes extérieurs de maladie, de dommages physiques (attaques de prédateurs comme les orques) ou de dommages dans les os des oreilles (dus à des explosions). Ils ne sont pas morts de faim non plus, car ils possédaient suffisamment de graisse et leur estomac était plein.

L’hypothèse d’une maladie virale ou bactérienne ne peut être exclue à 100% en raison du degré de décomposition des cadavres.

D’autres causes, telles que les dommages causés par une explosion sous-marine, ont été exclues sur la base d’un faisceau d’indices.

Une mortalité massive synchronisée (entre février et avril) sur une région aussi vaste ne pouvait avoir qu’une seule origine…

Les analyses de toxines, réalisées sur les cadavres dans la zone et dans l’estomac de 2 animaux, ont révélé la présence de toxines paralysantes (PST ; Paralytic shellfish toxins) et de toxines amnésiques (ASP ; Amnesic shellfish toxins).

Les données de surveillance des toxines disponibles en mars 2015, à 120 km au nord du Golfe de Penas, ont montré des niveaux de toxines paralysantes (saxitoxines) 10 fois supérieurs à la normale, ainsi qu’une présence abondante du dinoflagellé Alexandrium catenella.

Mais aucune toxine amnésique (acide domoïque) n’a été retrouvée dans ces échantillons.

Au vu de tout cela, Häusserman et al. (2017) ont attribué la mort des baleines à des toxines paralysantes.

Crevette nordique (Munida gregaria). Source : Shallow Marine Surveys Group.

Le Golfe de Penas semble être une zone d’alimentation importante, surtout les années où l’une de leurs principales proies, la crevette grise (Munida gregaria, connue en anglais sous le nom de lobster krill), est abondante.

Ce crustacé forme de véritables « essaims » dans sa phase pélagique, qui peuvent se nourrir de phytoplancton, y compris de dinoflagellés toxiques comme A. catenella, accumulant ainsi leurs toxines et agissant comme un vecteur vers les niveaux trophiques supérieurs (McKenzie & Harwood, 2014).

Un lien possible avec «El Niño» et le changement climatique

Quelques mois avant la découverte des échouages de baleines (en septembre 2014), les conditions météorologiques dans la région étaient anormales et coïncidaient avec le développement du plus grand phénomène «El Niño» enregistré à ce jour.

L’événement chilien a coïncidé avec un autre cas de mortalité de baleines en Alaska (38 individus, dont des baleines à bosse), mais également avec une prolifération massive et prolongée de Pseudo-nitzschia (des diatomées produisant de l’acide domoïque) lors d’un réchauffement anormal de l’Océan Pacifique dû à «El Niño».

Des ours mangeant les restes d’une baleine dans la baie de Larson (Alaska). Source : NOAA.

Le lien entre les deux mortalités << par les modifications induites dans l’écosystème marin par «El Niño» sur les températures, les régimes de vent et les nutriments dans le Pacifique oriental >> a conduit à penser que les grands mammifères marins sont déjà victimes des effets du réchauffement climatique.

Notamment parce que l’on soupçonne que le réchauffement climatique (lié à des facteurs anthropiques) pourrait être l’un des responsables de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de «El Niño» au cours des dernières décennies.

Le développement des efflorescences toxiques peut passer inaperçu si nous ne surveillons pas l’océan, mais les mammifères marins sont très sensibles aux modifications de cet écosystème. C’est pourquoi la biologiste marine Kathi Lefebvre (NOAA) les compare, aux canaris anciennement utilisés dans les mines de charbon pour détecter les émanations de gaz toxiques, dans l’article «Death by Killer Algae».

Néanmoins, les mortalités de mammifères marins dues aux biotoxines ne sont pas nouvelles. Les efflorescences toxiques de phytoplancton se produisaient déjà il y a des millions d’années et les archives géologiques conservent la mémoire de leurs effets sur l’écosystème.

Fossiles de baleines à Cerro Ballena (Atacama, Chili). Auteur : Adam Metallo, Smithsonian Institution. Source : Hakai Magazine.

Les restes fossiles de baleines, de phoques et de paresseux aquatiques découverts plus au nord, à Cerro Ballena (région d’Atacama), en sont un bon exemple. Pyenson et al, (2014).

Ce qui est aujourd’hui un désert, était il y a 6 à 9 millions d’années (au Miocène), une plaine supratidale protégée par une barrière côtière.

Et dans cette région, ces vestiges se sont accumulés et ont été préservés dans quatre strates différentes, témoignant des décès et des échouages massifs simultanés de mammifères marins et de poissons, sur une vaste zone et sur une période de 10000 à 16000 ans.

References:

Un velero llamado Velella

Imagen de portada: Unconventional Mermaid: Portuguese Man o’ War. Autora: MayContainBirdseed. Fuente: Deviantart.

A principios de invierno llegó a la prensa y redes sociales la noticia de miles de «medusas» varadas en playas gallegas, sobre todo Velella velella pero también Physalia physalis. Sin embargo, a pesar de su aspecto medusoide, se trata en realidad de organismos coloniales y no de medusas individuales.

Velella y Physalia son cnidarios de la clase de los hidrozoos.

A Velella velella, habitual en estas costas, se la conoce popularmente como veleiriños o «medusa velero». En Europa sus registros son más abundantes en el Mediterráneo, oeste de la península ibérica, Francia («vélelle») y Reino Unido («by-the-wind sailor»).

Sus invasiones playeras, arrastradas por el viento y las corrientes pueden formar imágenes espectaculares con millones de individuos a lo largo de la costa oeste de Norteamérica, Italia o incluso en Nueva Zelanda. En playas de Liguria (Italia) se han llegado a contabilizar ¡ entre 20.000-120.000 colonias/m2 !

A la segunda invasora, Physalia physalis (no tan común por aquí), la precede su fama y apodo: carabela portuguesa (en inglés: Portuguese Man o’War). Tanto Velella como Physalia son azuladas gracias a carotenoides (astaxantina) obtenidos de sus presas. Les sirven para protegerse de la radiación UV y camuflarse de los depredadores como aves, tortugas y peces. Pero ambos organismos presentan diferencias importantes como veremos…

Los veleiriños no son peligrosos para ti (ni para tu perrito despistado por la playa), pero poseen células urticantes y no hay por qué probar su efecto. Son más pequeños que Physalia y se diferencian de ellas por la vela en su parte aérea (frente al flotador/globito de las carabelas portuguesas).

No conviene tocar a ninguna de ambas pero si ven el flotador de Physalia ni-se-les-ocurra. Su picadura puede ser grave en algunos casos. Llegan a ocasionar laceraciones en la piel y como mínimo te dejarán un molesto y prolongado dolor.

Por suerte la varada de estos hidrozoos sucede fuera de la época estival y el riesgo de un mal encuentro es pequeño. Pero seamos prudentes si las descubrimos en la playa. Su color azul debería darnos que pensar. Así que…¡¡no toques!! ¡¡¿por qué tocas?!!

En el nuevo proyecto de ciencia colaborativa DIVERSIMAR (IEO) comentaron su llegada en enero, incluyendo una descripción completa de Physalia.

Un pescador y divulgador ejemplar que les recomiendo seguir en twitter, Rogelio Santos Queiruga (@QueirugaRogelio), publicó un vídeo comentando que era la primera vez que la veía. Y 4 horas después de tocarla aún sentía su picadura en los dedos. La curiosidad nos puede a menudo pero en este caso ¡¡no toques!!

Además de su aspecto y veneno hay algo más que distingue a los veleiriños de las carabelas. Un detalle inapreciable a simple vista pero que nos interesa mucho en este blog. Velella posee dinoflagelados simbiontes mientras que Physalia aparentemente no.

La información sobre la posición ecológica de Velella es limitada, pero en su alimentación parecen jugar un papel esencial tanto el zooplancton (huevos de peces, copépodos, cladóceros, larvas de invertebrados, etc.), como los propios dinoflagelados simbiontes.

La relación entre Velella y sus simbiontes recuerda a las que poseen otros cnidarios como los antozoos, incluyendo anémonas y pólipos formadores de arrecifes (asociados p.ej. con dinoflagelados del género Symbiodinium). Con Velella viajan y conocen mundo…

¿Dónde están y quiénes son los dinoflagelados de Velella?

Sobre «dónde están» les contestaré que en el tejido endodérmico de los gonóforos (individuos medusoides que habitan en la colonia formando racimos sobre las ramas genitales o gonozoides). Dentro del huésped los simbiontes tienen forma cocoide, son bolitas doradas y de ahí su nombre coloquial: zooxantelas.

Y para contestarles «quiénes son» tendré que contarles una historia que se remonta cien años atrás…

A los simbiontes de Velella velella aisladas en el Mediterráneo les llamaron Endodinium chattonii en 1922, y luego les fueron cambiando de género. En 1924 a Zooxanthella, en 1971 a Amphidinium y por fin en 1993, Scrippsiella chattonii.

En ese último trabajo (Banaszak y col. 1993) aislaron y cultivaron por primera vez los simbiontes fuera del huésped, en forma libre. Y observaron que en cultivo alternaban formas cocoides con células móviles cubiertas por placas de celulosa que identificaron como Scrippsiella velellae.

Scrippsiella velellae. Fuente: Banaszak y col. (1993).

Dicha descripción pertenecía a simbiontes de Velella velella del Pacífico y no coincidían exactamente con los descritos en las Velella del Mediterráneo. Así que a estos simbiontes les asignaron el nombre citado de Scrippsiella chattonii. Ninguna de ambas descripciones incluía datos genéticos...

…y el único trabajo con secuencias genéticas no incluye morfología. Se hizo sobre simbiontes de Velella en el mar de los Sargazos (Gast & Caron 1996) y sus resultados se discutieron años después concluyendo que la secuencia de 18S rADN coincidía con otras de un nuevo género simbionte en radiolarios: Brandtodinium (Probert y col. 2014).

Ahora sí, a ver si desenredamos la madeja…

Según esto, Velella velella tendría la capacidad de asociarse con Brandtodinium y Scrippsiella para establecer una relación simbionte. Y Brandtodinium sería también el dinoflagelado simbionte en radiolarios de varios órdenes taxonómicos (Collodaria, Nassellaria y Spumellaria) según Probert y col.

Las ilustraciones de radiolarios de Ernst Haeckel (1862) incluían a dichos órdenes y en sus representaciones incluyó a las zooxantelas.

La costumbre de llamar zooxantelas a cualquier simbionte doradito en organismos marinos (dinoflagelados o no) llevó por dos veces a proponer la anulación del género Zooxanthella, justificando la creación de Brandtodinium.

Sin embargo, el éxito coloquial y la imprecisión del término zooxantela no era razón suficiente para invalidar Zooxanthella (descrito por Karl Brandt en 1882). Así pues, la creación de Brandtodinium no era aceptable y los endosimbiontes de Velella velella siguen perteneciendo a Scrippsiella velellae y S. chattonii (Guiry & Andersen 2018).

La descripción de S. chattonii era también incorrecta, aunque sólo por cuestiones técnicas resueltas en 2018. Sus autores obviaron la página del basónimo (nombre científico bajo el cual fue originalmente nombrada: Endodinium chattonii), necesaria para la trazabilidad según el art. 41.5 del Código Internacional de Nomenclatura Botánica.

Espero no haberles mareado con tanto giro de guión.

Para serles claro: los debates sobre nombres científicos apasionan a los taxónomos y yo diría que este aún no ha terminado del todo. Así que si alguien les pregunta por los simbiontes de Velella velella contesten que son dinoflagelados o zooxantelas y no se equivocarán nunca.

Porque tanto Scrippsiella velellae como otras especies de Zooxanthella, Symbiodinium y nuevos géneros de dinoflagelados simbiontes como Breviolum, Effrenium, Fugacium, etc., son y serán siempre ¡zooxantelas!. Y ahora sí. Colorín, colorado, este cuento se ha acabado

Referencias:

  • Banaszak A.T. y col. Scrippsiella velellae sp. nov. (Peridiniales) and Gloeodinium viscum sp. nov (Phytodiniales), dinoflagellate symbionts of hydrozoans (Cnidaria). J. Phycol. 29:517-28. (1993).
  • Betti F.B. y col. Massive strandings of Velella velella (Hydrozoa: Anthoathecata: Porpitidae) in the Ligurian Sea (North-western Mediterranean Sea). Eur. Zool. J. 86: 343-353. (2019).
  • Guiry M.D. & Andersen R.A. Validation of the generic name Symbiodinium (Dinophyceae, Suessiaceae) revisited and the reinstatement of Zooxanthella K.Brandt. Notulae Algarum 58:1-5. (2018).
  • Lopes A.R. y col. “Gone with the wind”: Fatty acid biomarkers and chemotaxonomy of stranded pleustonic hydrozoans (Velella velella and Physalia physalis). Biochem. Sist. Ecol. 66:297-306 (2016).
  • Probert I. y col. (2014). Brandtodinium gen. nov. and B. nutricula comb. nov. (Dinophyceae), a dinoflagellate commonly found in symbiosis with polycystine radiolarians. Journal of Phycology 50(2): 388-399. (2014).
  • Zagalsky P.F. y Herring P.J. Studies of the blue astaxanthin-proteins of Velella velella (coelenterata: chondrophora). Phil. Trans. R. Soc. B 279:289-326 (1977).
  • Zeman S.M. y col. Trophic ecology of the neustonic cnidarian Velella velella in the northern California Current during an extensive bloom year: insights from gut contents and stable isotope analysis. Mar Biol. 165:150. (2018).

Stranded Things

Traduit par Marc Long

« Le phare aux orques ». Basé sur des événements réels. Situé dans la Península Valdés (Chubut, Argentine), ce film raconte l’histoire du garde forestier argentin Beto Bubas, d’orques sauvages et d’un garçon autiste. (Gerardo Olivares, 2016).

Les échouages de cétacés sont des phénomènes mystérieux et impressionnants.

Ces échouages sont mystérieux parce qu’il n’y a pas de cause unique pour les expliquer, et impressionnants parce qu’ils touchent des animaux qui inspirent l’admiration et pour lesquels nous avons une empathie toute particulière.

La plupart des échouages concernent des odontocètes (cétacés à dents), le sous-ordre auquel appartiennent les dauphins, les orques, les baleines à bec et les cachalots. Par contre, les observations d’échouages de mysticètes (baleines à fanons) ont toujours été rares.

Cela se justifie par le comportement social des odontocètes, qui ont tendance à vivre en grands groupes, alors que les mysticètes sont plutôt solitaires ou forment des groupes limités.

En outre, les mysticètes n’utilisent pas l’écholocation pour naviguer, un élément qui est également souvent mentionné pour expliquer les échouages.

Au cours de la dernière décennie, de nombreux échouages et décès de mysticètes ont eu lieu. C’est ce que nous verrons dans cet article.

Les raisons les plus courantes sont variées. Il s’agit dans la plupart des cas de maladies, du manque de nourriture, la désorientation et les blessures (tempêtes, bruits en mer), les accidents (collisions avec des bateaux), et enfin un facteur qui nous intéresse particulièrement dans ce blog: les toxines produites par le phytoplancton.

Baleine grise (Eschrichtius robustus) avec son baleineau (El Vizcaino, Baja California, Mexique). Auteur : J.E. Gómez Rodríguez. Source : Wikimedia commons.

Les plus grands échouages de baleines mysticètes ont été enregistrés en Amérique du Nord et du Sud.

Par exemple, en 1999 et 2001, 283 et 386 échouages ont été enregistrés sur la côte nord-est du Pacifique, principalement des baleines grises adultes. Dans les deux cas, on a soupçonné des symptômes de malnutrition. (Rowntree et col. 2013).

Quant aux décès causés par les biotoxines, le seul cas confirmé jusqu’à récemment est survenu en 1987 à Cape Cod (USA), avec la mort de 14 baleines à bosse après avoir ingéré des maquereaux (Scomber scombrus) contaminés par des saxitoxines: des neurotoxines paralysantes produites dans la région par des dinoflagellés du genre Alexandrium.

Pour que les carcasses de baleines atteignent la côte, elles doivent être mortes dans des zones peu profondes proches de la terre, car dans les eaux profondes, elles ont tendance à couler et ne laissent aucune trace à la surface.

Ces dernières années, de nombreux échouages de baleines ont eu lieu le long des côtes de l’Argentine et du Chili. Dans les deux régions, les efflorescences (ou bloom) de phytoplancton toxique sont fréquentes.

Les toxines sont-elles à l’origine de la mort des baleines? Il n’est pas facile d’obtenir des preuves, mais de nombreux indices permettent de suspecter leur responsabilité.

Península Valdés (Argentina)

Observation des baleines franches australes dans la Península Valdés. Auteur: M. Catanzariti. Source: Wikimedia commons.

Les côtes de la Péninsule de Valdés, au nord de la Patagonie, en Argentine (42-43º de latitude sud), constituent une zone de reproduction pour les baleines franches australes.

Eh bien, entre les années 2005-2014, une mortalité sans précédent a été enregistrée (649 spécimens au total), principalement des baleineaux de moins de 3 mois.

Les décès s’étalent sur plusieurs mois, et ont atteint un pic de 120 individus retrouvés morts en 2012. Les femelles de ces baleines ne se reproduisent que tous les 3 ans. Avec de tels taux de natalité, vous pouvez imaginer l’impact de cette catastrophe, qui peut affecter le maintien d’une espèce dont la chasse a réduit sa population originale à un faible 20%.

Une réunion d’experts de la Commission baleinière internationale (CBI) tenue en 2010 a permis d’identifier trois hypothèses principales : la rareté de la nourriture (krill de l’Antarctique : Euphausia superba), la maladie et l’empoisonnement par des biotoxines.

Une quatrième hypothèse s’y est ajoutée lors d’une autre réunion de la CBI en 2014 : le stress causé par des goélands (Larus dominicanus), qui attaquent les baleines pour se nourrir de leur peau et de leur graisse, provoquant des plaies ouvertes.

Frustules de Pseudo-nitzschia dans les déjections de baleines franches australes (Eubalaena australis) de la Península Valdés. (A-B) P. pungens, (C) P. australis, (D) complexe P. pseudodelicatissima. Source : Fig. 2 D’Agostino et al. (2015).

Parmi ces 4 hypothèses, l’hypothèse des biotoxines est celle qui se renforce à la suite de récentes études scientifiques telles que «Potentially toxic Pseudo-nitzschia species in plankton and fecal samples of Eubalaena australis from Península Valdés calving ground, Argentina». (D’Agostino et col., 2015).

Ces chercheurs ont découvert la présence de nombreux frustules de diatomées du genre Pseudo-nitzschia dans les excréments de baleines vivantes ou de carcasses, ainsi que dans des échantillons de phytoplancton pendant la période où les baleines se rendent à Península Valdés.

Le genre Pseudo-nitzschia comprend de nombreuses espèces qui produisent de l’acide domoïque, une puissante neurotoxine que les lecteurs de ce blog connaissent bien, et qui peut causer de graves dommages à la faune marine.

D’Agostino et ses collaborateurs suggèrent que le zooplancton, la nourriture des baleines, agirait comme vecteur de l’acide domoïque. La neurotoxine a été détectée dans des échantillons de zooplancton de la région par d’autres chercheurs. Les baleineaux seraient indirectement exposés à l’acide domoïque, par le biais du lait maternel et/ou pendant la gestation.

De plus, certaines baleines, comme les baleines franches australes, pratiquent un type d’alimentation appelé «skim feeding» dans lequel elles écument la surface de l’eau (comme une passoire qui retire la crème du lait). Les chaînes de Pseudo-nitzschia peuvent facilement dépasser 300 microns de longueur et pourraient être filtrées directement par les baleines pendant ces phénomènes d’efflorescences. Voici une baleine franche australe en train de se nourrir en «skim feeding».

Baleine franche australe (Eubalaena australis) avec un baleineau, au large de la Península Valdés, au milieu d’une efflorescence du dinoflagellé Lepidodinium chlorophorum. Auteur : M. Sironi (Prix Hilda Canter-Lund 2009). Source : British Phycological Society.

Les baleines franches australes sont également présentes lors des épisodes toxiques («  Paralytic Shellfish Poisoning » ou toxines paralysantes) induits par Alexandrium catenella et associés aux interdictions d’exploitation des coquillages. Les saxitoxines et l’acide domoïque ont été détectés dans les tissus de certains individus morts, mais à des taux faibles.

En octobre 2010, 15 baleines de toutes classes d’âge (6 baleineaux, 7 juvéniles et 2 adultes) sont mortes, un phénomène généralement associé aux efflorescences toxiques mais inhabituel dans la Péninsule Valdés.

Les concentrations de Pseudo-nitzschia et d’A. catenella étaient élevées à cette période. Et l’alimentation par «skim feeding» avait été observée chez des individus adultes à cette période.

Les observations satellite (Wilson et col. 2015) ont confirmé l’intensification des efflorescences printanières de phytoplancton dans la région, surtout depuis 2004, ce qui coïncide avec la plupart des décès :

<<649 baleines tuées entre 2005-2014>> contre 194 au cours des 30 années précédentes.

Au cours d’une de ces efflorescences, le chercheur argentin Mario Sironi a documenté l’image d’une marée verte de Lepidodinium chlorophorum, une espèce de dinoflagellé non toxique.

Il ne semble pas que Pseudo-nitzschia fasse partie des proliférations de microalgues les plus intenses au printemps, mais son abondance a nettement augmenté au cours de la dernière décennie. De plus il existe une corrélation positive entre 1) les enregistrements mensuels de la mortalités et 2) l’abondance de Pseudo-nitzschia. Une telle relation n’existe pas avec A. catenella.

En conclusion : il existe plusieurs preuves de l’exposition des baleines aux toxines de microalgues et plusieurs indices pointent vers l’acide domoïque.

Golfo de Penas (Chile)

Rorqual boréal à Caleta Buena (nord du Golfo de Penas), avril 2015. Auteur : K.-L. Pashuk. Source : Fig. 3 (Häusserman et al. 2017).

Mi-avril 2015. Lors d’une expédition de plongée visant à étudier la faune benthique au nord du Golfe de Penas, des cadavres et des squelettes de baleines sont apparus aux yeux des plongeurs.

L’inquiétude suscitée par cette découverte a entraîné, quelques semaines plus tard, une expédition conjointe du SERNAPESCA (SERvicio NAcional de PESCA y acuicultura), de la marine chilienne et du PDI (Policía De Investigaciones de Chile, Departamento de Investigación Criminal).

Ils ont documenté par voies terrestre, maritime et aérienne le pire cas de l’histoire : la mort de 343 baleines boréales (Balaenoptera borealis).

Mais c’est une longue histoire et je vous la raconterai dans le deuxième épisode de Stranded things.

Références

  • D’Agostino V.C. y col. Potentially toxic Pseudo-nitzschia species in plankton and fecal samples of Eubalaena australis from Península Valdés calving ground, Argentina. J. Sea Res. 106:39–43 (2015).
  • Häusserman V. y col. Largest baleen whale mass mortality during strong El Niño event is likely related to harmful toxic algal bloom. PeerJ. DOI: 10.7717/peerj.3123 (2017).
  • Rowntree V.J. y col. Unexplained recurring high mortality of southern right whale Eubalaena australis calves at Península Valdés, Argentina. Mar. Ecol. Prog. Ser. 493:275–289 (2013).
  • Wilson C. y col. Southern right whale (Eubalaena australis) calf mortality at Península Valdés, Argentina: Are harmful algal blooms to blame? Mar. Mammal Sci. 32:423–451 (2015).

Cinéma et océanographie

Auteur: Jesús Gago Piñeiro (traduit par Marc Long).

Un sujet très attrayant, mais si l’on y réfléchit un peu, peu de titres existent.

La génération des années 70, a grandi avec les documentaires de «l’Homme et la Terre» (El hombre y la Tierra) de Félix Rodríguez de la Fuente et -avec des documentaires plus axés sur le thème marin- avec «L’odyssée sous-marine de l’équipe Cousteau» de Jacques Cousteau. Cette génération a vu également naitre les documentaires de la National Geographic Society, notamment avec la série sur les mers vierges.

Source: bedeteque

En plus de ces deux géants de la divulgation environnementale, nous avons une série des années 60 «Remous» (Sea Hunt) basée sur les aventures d’un plongeur.

En ce qui concerne les documentaires sous-marins, il convient d’évoquer la fantastique semaine du film sous-marin de Vigo et celle de Donostia qui en est à sa 43e édition.

Nous tenons particulièrement à souligner le festival de Vigo, et les grands professionnels venant de notre communauté scientifique qui y ont participé, comme Jorge H. Urcera ou José Luis Garci, et des personnes de renommée internationale comme José Irisarri, Jorge Candán ou José Luis González, entre autres.

Mais laissons de côté les documentaires, et passons maintenant au cinéma. Le thème marin a toujours été présent au cinéma, avec des classiques comme «L’île au trésor», «Moby Dick», «Master and Commander» ou encore «Titanic»; mais aussi des classiques plus « exotiques » comme “Sindbad le marin”…

Sans bien sûr oublier la saga « Jaws »…

Jaws (Steven Spieberg, 1975). Source: pinterest

Et nous pourrions encore continuer la liste de films sur le thème marin avec les aventures de pirates et de naufrages. Et parmi ces histoires de pirates et de trésor, il y a le célèbre Peter Pan !

Pour les cinéphiles en herbe, il y a de nombreux autres titres tels que « La petite sirène », « Sauvez Willy I, II… ».  Certains ont des affiches très inspirées par le thème marin.

Par contre des films parlant d’océanographie, il y en a très peu voire pas du tout.

Richard Fleischer (Walt Disney, 1954). Source: allocine

On peut chercher un peu parmi les classiques pour trouver un avant-gardiste de son époque «Vingt mille lieues sous les mers» (qui date de 1954 !). Dans cette œuvre, on commence à voir le fond de la mer avec une perspective un peu plus scientifique.

Le roman de Jules Verne sert ici d’inspiration.

Et pour boucler la boucle, nous revenons finalement à Jacques Cousteau.

Parmi les films les plus proches de l’océanographie, on trouve « La vie aquatique » et « L’odyssée » qui s’inspirent tous les deux de la vie du commandant Jacques-Yves Cousteau.

Le premier titre est une satire-critique acerbe (et pas seulement à l’égard du commandant Cousteau…) avec un grand Bill Murray et le second film,»L’odyssée», est un excellent biopic. Comme une anecdote au fait que le père de Lambert Wilson (l’acteur qui joue J. Cousteau) était le doubleur de Cousteau comme il l’a expliqué dans une interview.

A. Stanton et L. Unkrich (Pixar, 2003). Source: allocine

Enfin nous ne pouvons pas oublier un classique pour enfants, «Le monde de Nemo», dans lequel il y a un clin d’œil à la recherche marine, vous vous souvenez de cette scène où ils mentionnent le courant australien?

Je suis sûr que certains films ont été oubliés, mais ce bref article essaye juste de vous donner un aperçu de la thématique, les suggestions sont les bienvenues !

A propos de l’auteur:

Jesús Gago Piñeiro (jesus.gago@ieo.es) est chercheur à l’IEO-Vigo et coordonne le groupe CAMBIOCEAN (Cambio global y oceanografía operacional).

Il s’intéresse particulièrement à l’impact des déchets dans l’environnement marin et participe à plusieurs projets et travaux sur les macroplastiques (cleanatlantic) et les microplastiques (jpi-oceans). Vous pouvez consulter ses publications dans Scholar ou Researchgate.

Cine y oceanografía

Imagen de portada: Pristine Seas Project. Fuente: NationalGeographic

Hoy tenemos entrada de cine ¡y gratis!. Elaborada por un colega del IEO y colaborador del blog. ¡Gracias Suso!

Por Jesús Gago Piñeiro

Un tema que suena muy atractivo, pero que si piensas un poco no aparecen un gran número de títulos.

La generación de los 70, la que se crió con los documentales de “El hombre y la Tierra” de Félix Rodríguez de la Fuente -y ya más enfocado en el tema marino con “El mundo Submarino” de Jacques Cousteau-, ha visto como hemos pasado a los documentales de la National Geographic Society, especialmente la serie de mares prístinos.

Además de estos dos gigantes de la divulgación medio ambiental, tenemos una serie en los años 60 con el sugerente título “investigador submarino” basada en las aventuras de un submarinista (podéis ver algunos capítulos y una breve descripción en midiariodebuceo).

En cuanto a los documentales submarinos es de destacar la fantástica semana de cine submarino de Vigo y la de Donostia que ya va por su 43 edición.

De destacar para nosotros la de Vigo, y los grandes profesionales que han participado en ella de nuestro entorno investigador como Jorge H. Urcera o Manuel E. Garci, y gente reconocida a nivel internacional como José Irisarri, Jorge Candán o José Luís Gonzalez entre otros.

Pero dejemos de lado los documentales, y pasemos al cine. El tema marino siempre ha sido un referente para el cine desde clásicos “La isla del tesoro” o “Moby Dick”, a “Master and commander”, “Titanic” o algunas más exóticas como «Simbad el marino».

Por supuesto, la saga “tiburón” también tiene que estar aquí…

Jaws (Steven Spieberg, 1975). Fuente: pinterest

Y podríamos seguir con una amplia serie, desde famosas sagas de piratas hasta famosos naufragios. Y ya puestos, piratas, tesoros, indios y niños… ¡o sea Peter Pan!

Y también podemos seguir con el tema infantil, donde ya tenemos un amplio número de películas desde “ la Sirenita” a “ Salvad a Wally” I, II,….Algunas con carteles más que inspirados en el tema marino.

Pero de oceanografía, poco o nada.

Una película de Richard Fleischer (1954) producida por Walt Disney. Fuente: justwatch

Podemos buscar un poco entre los clásicos para encontrarnos con la más que avanzada para su tiempo “Veinte mil leguas de viaje submarino” (¡estamos hablando de 1954!), donde ya se empieza a ver el fondo del mar con una perspectiva un poco más científica.

La novela de Julio Verne aquí sirve de inspiración.

Y ya estamos llegando al final, y volviendo al principio…

Entre las  películas más orientadas a la temática nos encontramos con dos; “Aquatic life” y “Jacques”, las dos usando a J. Cousteau como inspiración.

La primera como una sátira-crítica feroz (y no solo al Sr. Cousteau…) con un gran Bill Murray y la segunda un biopic de excelente factura. 

La película «Jacques» fue titulada en español “La Odisea”.

Como anécdota señalar que el padre de Lambert Wilson (el actor que interpreta a J. Cousteau) fue doblador de Cousteau como el mismo explicó en una entrevista.

Pero no podemos olvidarnos de una infantil, “Buscando a Nemo” en la cual existe un guiño a la investigación marina, ¿os acordáis de aquella escena en la que mencionan la corriente de Australia?

Seguro que se ha quedado alguna en el tintero, pero esta breve revisión tan solo tratábamos de dar una idea sobre el tema ¡sugerencias bienvenidas!

Sobre el autor

Jesús Gago Piñeiro (jesus.gago@ieo.es) es investigador del IEO-Vigo, coordinando el grupo CAMBIOCEAN (Cambio global y oceanografía operacional).

Con especial interés en el impacto de las basuras en el medio marino y participando en diversos proyectos y trabajos tanto en macrobasuras (cleanatlantic) como en microplásticos (jpi-oceans). Podéis consultar sus publicaciones en Scholar o Researchgate.

Les diatomées des noyés

Image: La plage des noyés. Un film de Gerardo Herrero (2015). Source: lacabecita

Traduit de l’espagnol par Marc Long

-On dirait qu’ils l’ont aidé à se noyer.

-Et ça ?

-Ses mains sont liées.

La plage des noyés (Domingo Villar, 2011)

Il y a un mois, dans le «Territorio Negro» de Julia en la Onda (une émission radio espagnole de faits divers), Ana García Rojo (cheffe de l’entomologie du Commissariat général de la police scientifique) a été interviewée sur l’importance des insectes dans la résolution de crimes.

En plus des insectes, Ana a également mentionné l’utilisation des diatomées dans les études médico-légales.

Ce fut une mention éphémère, mais elle eut le même effet que les phares d’un 4×4 aveuglant un lapin (j’étais le lapin bien sûr).

Et cette lumière aveuglante conduit à cette entrée en matière assez obscure….

Echantillon d’eau de mer de la ria de Pontevedra (juin 2013) rempli de diatomées. Auteur: F. Rodríguez

Les diatomées sont des marqueurs médico-légaux dans les systèmes aquatiques.

Et je pourrais citer deux raisons principales :

>>>> 1) On les trouve largement et abondamment selon la période de l’année dans les environnements marins, les eaux douces mais également dans des échantillons de sol.

>>>> 2) Elles sont très résistantes, comme des petits grains de sable en raison de leurs squelettes en verre (également appelés frustules) qui résistent aux traitements acides. Elles ont également une très forte diversité morphologique qui permet d’identifier plusieurs espèces.

Leur utilisation en pathologie médico-légale n’est pas nouvelle, elles sont utilisées depuis le début du XXe siècle.

Quelles sont les informations que cachent les diatomées ?

Mettons-nous en situation. L’objectif étant d’établir les causes et le lieu de décès de la victime d’un crime…

… et à ce sujet, les diatomées peuvent aider à savoir si la victime est morte par noyade. Mais également à quel endroit elle est morte.

Trouver la victime dans l’eau ne suffit pas à affirmer qu’elle s’est noyée.

Répartition des diatomées dans le corps humain selon qu’il y a noyade ou mort antérieure. Source: Pinterest (Sandi Weyl)

Même si le corps est découvert hors de l’eau, la victime a pu se noyer et le corps a pu être déplacé par la suite.

Si la personne était en vie, elle aurait avalé de l’eau avant de mourir, ainsi ses poumons seraient saturés d’eau.

La rupture des alvéoles pulmonaires permet à l’eau (et aux diatomées présentes) de pénétrer dans le sang.

Celles-ci sont ensuite dispersées dans différents organes (cerveau, cœur, reins, foie, etc.) et dans la moelle osseuse.

La taille maximale des diatomées qui traversent la barrière alvéolaire-capillaire est d’environ 110 µm.

Cela couvre une grande diversité de genres. Les études sur les tissus des cadavres retrouvés en eau douce citent entre autres les genres Achnanthes, Amphora, Asterionella, Campylodiscus, Cocconeis, Cyclotella, Fragilaria, Melosira, Navicula, Nitzschia, Pinnularia, etc.

La recherche des diatomées dans les tissus humains est généralement effectuée dans les organes et dans la moelle osseuse du fémur, après traitement chimique (avec de l’acide nitrique, de la protéinase K, etc.), pour éliminer la matière organique.

Dans le cas contraire, où la victime serait morte avant d’avoir été mise à l’eau, les diatomées pourraient pénétrer dans les poumons, mais elles ne seraient pas transportées activement vers le reste des organes ou vers la moelle osseuse.

Asterionella formosa est l’une des diatomées découvertes chez des victimes de noyade lors d’une étude menée en Finlande (Auer, 1991). Source: nordicmicroalgae

Si le décès est récent, il peut y avoir des signes extérieurs de noyade (peau pâle, mousse au niveau de la bouche et du nez). Mais après un certain temps, ces preuves disparaissent et le test des diatomées peut être très précieux pour découvrir l’origine du décès.

Malgré tout, le test des diatomées est loin d’être infaillible. Le test est influencé par de nombreux facteurs tels que l’abondance des diatomées dans l’environnement, le temps écoulé depuis la mort, l’état du corps, etc. Leur concentration est fortement réduite lorsqu’elles pénètrent dans les poumons et se dispersent dans les tissus de l’organisme

Les diatomées pourraient néanmoins confirmer un cas de noyade sur trois.

Une analyse de 738 victimes en Ontario (Canada) a conclu que les diatomées corroboraient 28% des noyades.

La plage du roman est celle de «A Madorra», près de la ville de Vigo en Galice. Source: amazon

Et le succès du test était associé au cycle saisonnier de ces organismes : plus l’abondance dans l’environnement est grande, plus la probabilité de trouver des diatomées sur les victimes est importante. Logique.

Etonnament, le test des diatomées a également été utilisé pour confirmer certains décès par noyade dans des salles de bain et des piscines…

Selon les auteurs, différents seuils sont considérés pour confirmer un résultat positif.

Par exemple, plus de 20 frustules de diatomées pour 100 μL de sédiments extraits dans 2 g de tissu (par exemple, le cœur, le cerveau, les reins, le foie et la moelle osseuse) ou 20 à 40 frustules dans 5 g de moelle osseuse, etc.

Ces valeurs peuvent varier en fonction des tissus analysés mais il n’existe pas de critère standard pour l’ensemble de la communauté médico-légale.

La biologie moléculaire (séquençage des gènes ribosomiques et mitochondriaux) a également été récemment intégrée à l’identification du plancton dans les études médico-légales.

Cette discipline permet d’obtenir des résultats positifs, même en l’absence de diatomées, grâce à la présence d’algues vertes et de cyanobactéries.

L’article Diatoms and homicide (Pollainen, 1998) illustre de nombreux exemples. Je vous préviens ces exemples sont macabres…

La diversité et la composition des diatomées dans les tissus humains peuvent également indiquer le lieu de la scène de crime en mettant en relation des échantillons d’eau ou de sol avec ceux de la victime.

L’identification automatique d’images est une autre technique qui pourrait être incorporée dans les études médico-légales. Modèle d’identification GoogleNet Inception-V3. Source: Zhou Y. y col. (2020).

Le mieux est de l’illustrer par des cas réels dans lesquels les diatomées ont joué un rôle fondamental…

  1. Un enfant de 5 ans au fond d’un lac. La moelle osseuse du fémur a révélé deux diatomées caractéristiques également présentes dans les échantillons du lac à côté du cadavre. Son père a finalement avoué le meurtre.
  2. Les restes carbonisés d’une adolescente dans une valise abandonnée sur un parking. Eh bien, plusieurs diatomées ont été trouvées dans la moelle osseuse du fémur et du sinus maxillaire, et ont permis de révéler la mort par noyade..
  3. Un transsexuel de 38 ans est mort dans une baignoire remplie d’eau et de savon. Quatre types de diatomées ont été découverts dans sa moelle osseuse fémorale, tout comme celles de la baignoire. Il a été étranglé, puis a été noyé sous l’eau..
  4. Le corps d’une femme de 25 ans dans un état de décomposition avancé dans une forêt. Des diatomées typiques du sol terrestre ont été retrouvées dans la moelle osseuse fémorale. L’exploration de la zone où le corps a été trouvé a permis de découvrir des diatomées identiques dans des étangs temporaires de la forêt. Elle avait été poignardée mais elle est morte noyée dans un fossé avec de l’eau..

Mais les diatomées ne sont pas seulement étudiées sur les corps des pauvres victimes. Les vêtements et les chaussures peuvent aussi conserver des cellules attachées avec lesquelles on peut relier un suspect à la scène de crime !

Remerciements : Patricia Quintas (IEO Vigo) qui m’a parlé de l’interview dans Julia en la Onda dès qu’elle a entendu parler des diatomées.

Marc Long

Un grand merci aussi à Marc Long pour cette traduction et d’autres dans l’avenir. Marc est un microbiologiste marin spécialisé dans l’étude de la physiologie du phytoplancton.

Il a réalisé sa thèse doctorale à l’Université de Wollongong (Australie) et à l’Université de Bretagne Occidentale (France). Marc a d’abord étudié la toxicité de polluants comme les microplastiques sur le phytoplancton et s’est ensuite spécialisé dans l’étude des interactions entre microalgues et avec d’autres microorganismes marins.

Marc s’intéresse plus particulièrement à la communication chimique entre microalgues marines et cherche à comprendre comment ces signaux chimiques pourraient expliquer le succès écologique de certaines espèces, notamment les espèces toxiques.

Références:

  • Auer A. Qualitative diatom analysis as a tool to diagnose drowning. Am J Forensic Med Pathol 12: 213-218 (1991).
  • Levkov Z. y col. The use of diatoms in forensic science: advantages and limitations of the diatom test in cases of drowning. In: Williams M. & col. (eds). The Archaeological and Forensic Applications of Microfossils: A Deeper Understanding of Human History. The Micropalaeontological Society, Special Publications. Geological Society, London, 261–277 (2017).
  • Pollainen M.S. Diatoms and homicide. Forensic Sci Int 91:29–34 (1998).

Las diatomeas de los ahogados

Imagen de portada: fotograma de «La playa de los ahogados» (2015). Fuente: lacabecita

-Parece que lo ayudaron a ahogarse.

-¿Y eso?

-Tiene las manos atadas.

La playa de los ahogados (Domingo Villar, 2011)

Hace un mes en «Territorio Negro» de Julia en la Onda entrevistaron a Ana García Rojo (responsable de entomología de la comisaría general de policía científica), acerca de la importancia de los insectos para resolver crímenes.

La gran Julia Otero. Aquí tienen el enlace a la entrevista con Ana García Rojo.

Pues bien. Además de insectos Ana citó también el uso de diatomeas en estudios forenses.

Fue una mención fugaz, pero tuvo el mismo efecto que los focos de un todoterreno cegando a un conejo (siendo yo el conejo, por supuesto).

Y esa luz cegadora llevó a esta entrada que por otra parte será más bien oscura…

Las diatomeas son marcadores forenses en sistemas acuáticos. Y podría citar dos motivos principales:

>>> 1) Se encuentran de manera generalizada y abundante según la época del año en medio marino, aguas continentales y muestras de suelo.

>>> 2) Son muy resistentes. Literalmente piedritas por sus cubiertas de sílice que soportan tratamientos ácidos y tan diversas que permiten la identificación de especies.

Muestra de la ría de Pontevedra (junio 2013) llena de diatomeas. Autor: F. Rodríguez

Su empleo en patología forense no es nuevo, se llevan utilizando desde inicios del s.XX.

¿Qué información esconden las diatomeas?

Pongámonos en situación. Se trata de establecer las causas y el lugar de fallecimiento de la víctima de un crimen…

…y sobre esto las diatomeas pueden ayudar a conocer si la víctima murió por ahogamiento (e incluso donde).

Encontrar a la víctima en el agua no es indicio suficiente para saber si se ahogó. Y aunque el cadáver se descubra fuera del agua, quizás se ahogó y luego lo trasladaron.

Si la persona estaba viva habrá inhalado agua antes de morir de modo que los pulmones se encharcan.

Diseminación de diatomeas en el cuerpo humano en función de que exista ahogamiento o muerte previa. Fuente: Pinterest (Sandi Weyl)

Y la ruptura de alvéolos pulmonares permite que el agua ingrese al torrente circulatorio, diatomeas incluidas.

Luego estas se dispersan por diferentes órganos (cerebro, corazón, riñones, hígado, etc) y médula ósea.

El tamaño máximo de las diatomeas que traspasan la barrera alvéolo-capilar es de unas 110 µm e incluso superior.

Esto abarca a una enorme diversidad de géneros y estudios sobre tejidos de cadáveres en agua dulce citan entre otros a Achnanthes, Amphora, Asterionella, Campylodiscus, Cocconeis, Cyclotella, Fragilaria, Melosira, Navicula, Nitzschia, Pinnularia, etc.

La detección de diatomeas en tejidos humanos suele realizarse en órganos y en la médula ósea del fémur, previo tratamiento (con ácido nítrico, proteinasa K, etc), para eliminar la materia orgánica.

Por el contrario, si la víctima estaba muerta y la metieron después en el agua, las diatomeas pueden entrar en los pulmones, pero no existirá transporte activo al resto de órganos y médula ósea.

Si la muerte es reciente, pueden haber signos externos de ahogamiento (piel pálida, espuma en boca y nariz). Pero transcurrido el tiempo esas evidencias desaparecen y el test de diatomeas puede ser muy valioso.

Asterionella formosa es una de las diatomeas descubiertas en víctimas de ahogamiento en un estudio en Finlandia (Auer, 1991). Fuente: nordicmicroalgae.

Aunque las diatomeas distan mucho de ser infalibles. Influyen muchos factores como su abundancia en el medio, el tiempo transcurrido hasta la muerte, el estado del cuerpo, etc. Su concentración se reduce varios órdenes de magnitud a medida que entran en los pulmones y se dispersan en los tejidos del cuerpo…

Aún así, el test de diatomeas podría confirmar 1 de cada 3 casos de ahogamiento.

Un análisis sobre 738 víctimas en Ontario (Canadá) concluyó que las diatomeas corroboraron un 28% de ahogamientos. Y los aciertos del test estuvieron asociados con su ciclo estacional: a mayor abundancia en el medio, mayor probabilidad de encontrar diatomeas en las víctimas. Lógico.

La playa de la novela es «A Madorra», en Nigrán. Fuente: casadellibro.

Curiosamente, el test de diatomeas también ha servido para confirmar algunas muertes por ahogamiento en cuartos de baño y piscinas…

Para confimar un positivo se consideran, según los autores, diferentes umbrales.

Como más de 20 frústulas de diatomeas por 100 μL de sedimento extraído en 2 gr de tejido (p.ej. corazón, cerebro, riñón, hígado y médula ósea) o 20-40 frústulas en 5 gr de médula ósea, etc.

Dichos valores pueden variar según el tejido analizado y no existe un criterio estándar para toda la comunidad forense.

La biología molecular (secuenciación de genes ribosomales y mitocondriales) también se ha incorporado recientemente a la identificación de plancton en estudios forenses.

En este caso, además de las diatomeas, la presencia de algas verdes y cianobacterias permite obtener resultados positivos (incluso en ocasiones donde han fallado las diatomeas).

Por otra parte, la diversidad y composición de diatomeas en tejidos humanos puede indicar el posible escenario del crimen al relacionar las muestras de agua o suelo con las de la víctima.

Lo mejor es ilustrarlo con casos reales donde las diatomeas jugaron un papel fundamental…

Y en Diatoms and homicide (Pollainen, 1998) tenemos ejemplos muy truculentos ya les aviso…

El reconocimiento automático de imágenes es otra técnica que podría incorporarse a estudios forenses. Modelo de identificación GoogleNet Inception-V3. Fuente: Zhou Y. y col. (2020).
  1. Un niño de 5 años en el fondo de un lago. La médula ósea del fémur reveló dos diatomeas características también presentes en muestras del lago junto al cadáver. Al final su padre confesó el asesinato.
  2. Los restos carbonizados de una adolescente en una maleta abandonada en un aparcamiento. Pues bien. Se encontraron diversas diatomeas en la médula ósea del fémur y seno maxilar revelando la muerte por ahogamiento.
  3. Un transexual de 38 años fallecido en una bañera llena de agua y jabón. En su médula ósea femoral descubrieron cuatro tipos de diatomeas iguales a las de la bañera. Tenía lesiones de estrangulamiento pero le ahogaron bajo el agua.
  4. El cadáver de una joven de 25 años en avanzado estado de descomposición en un bosque. Observaron diatomeas en la médula ósea femoral propias de suelo terrestre. La exploración en la zona donde apareció el cadáver descubrió diatomeas idénticas en charcas temporales del bosque. La habían apuñalado pero murió en una zanja con agua.

Pero las diatomeas no sólo se estudian en el cuerpo de las pobres víctimas. La ropa y el calzado pueden conservar células adheridas con las que relacionar a un sospechoso ¡con el escenario del crimen!

Agradecimientos: a Patricia Quintas (IEO Vigo) que me avisó de la entrevista en Julia en la Onda en cuanto escuchó lo de las diatomeas.

Referencias:

  • Auer A. Qualitative diatom analysis as a tool to diagnose drowning. Am J Forensic Med Pathol 12: 213-218 (1991).
  • Levkov Z. y col. The use of diatoms in forensic science: advantages and limitations of the diatom test in cases of drowning. En: Williams M. y col. (eds). The Archaeological and Forensic Applications of Microfossils: A Deeper Understanding of Human History. The Micropalaeontological Society, Special Publications. Geological Society, London, 261–277 (2017).
  • Pollainen M.S. Diatoms and homicide. Forensic Sci Int 91:29–34 (1998).
  • Verma K. Role of Diatoms in the World of Forensic Science. J Forensic Sci 4:2 (2013).
  • Zhou Y. y col. Research advances in forensic diatom testing. Forensic Sci Res 5:98-105 (2020).

Greta y Grethe

Imagen de portada: Thalassiosira mendiolana. Fuente: Fryxell & Hasle (1972).

Hoy en día muchas revistas incluyen en los papers los nombres completos de los autores. En Botanica Marina incluso fotos y una breve descripción. Igual me equivoco, pero creo que antes no era tan común. Por ejemplo en PubMed (motor de búsqueda de la NLM de artículos de biomedicina y ciencias de la vida) los nombres sólo aparecen desde 2002.

Esto es importante porque humanizan esas firmas y hacen visibles las aportaciones científicas de mujeres y hombres.

En el caso de los apellidos, a pesar de no existir obligación legal, en países como Reino Unido, Francia, EEUU o Australia, por tradición (=herencia de un sistema patriarcal) la mayoría de mujeres sustituyen su apellido de nacimiento, legal y/o socialmente, por el de su marido…

…o lo conservan como middle name…o unen ambos (con guión o compuesto). No sólo eso: si te divorcias y vuelves a casarte, nuevo dilema.

Por ejemplo, Lynn Petra Alexander publicó la teoría de la endosimbiosis celular como Lynn Sagan. ¿Les suena el apellido, verdad?

Lynn Margulis (1938-2011). Fuente: jaivikshastram

Dicho artículo, revolucionario y esencial en la biología evolutiva del s.XX, fue rechazado por unos 15 editores antes de su aceptación en una revista menor. Luego, durante el resto de su prolífica y prestigiosa carrera, firmó tal y como pasaría a la historia de la ciencia: Lynn Margulis.

Nuestras protagonistas de hoy también firmaban los trabajos con el apellido de sus maridos de toda la vida (y su apellido de nacimiento intercalado como middle name).

Grethe R. Hasle (Horten, Noruega: 1920-2013). Fuente: UIO.

Así, Hasle G.R. era la firma de Grethe Rytter Hasle. Y Fryxell G.A correspondía a Greta Albrecht Fryxell.

Ambas fueron figuras esenciales para el avance en el conocimiento de las diatomeas y de la ficología en general.

Sus contribuciones científicas les valieron numerosos reconocimientos y premios en vida.

Además, formaron a nuevas generaciones de investigadores que continuaron y expandieron su legado a otros campos de la investigación marina.

Sus vidas y carreras fueron paralelas. Grethe Hasle fue supervisora de Greta Fryxell en su estancia postdoctoral en la Universidad de Oslo.

De hecho, la primera publicación de Fryxell la firmó junto a Hasle en 1970…y también la última, en 2003, cuando tenían 77 y 83 años respectivamente. Y no fue cualquier cosa sino un capítulo titulado «Taxonomy of harmful diatoms» en una monografía de métodos de UNESCO.

Otro aspecto en el que coinciden es el de haber sido pioneras, no sólo por sus logros, sino porque consolidaron su carrera cuando apenas había científicas permanentes en sus instituciones, países…y mundo en general.

Greta A. Fryxell (Princeton, EEUU: 1926-2017). Fuente: Claremont-courrier

Hasle defendió su tesis doctoral en 1969, con 49 años, y en 1977 se convirtió en ¡la tercera profesora de la historia! en la Facultad de Matemáticas y Ciencias Naturales de la Univ. de Oslo.

Fryxell obtuvo su doctorado a la misma edad, en 1975, y se convirtió en una de las primeras profesoras en la Univ. Texas A&M.

Sobre la investigación de Grethe Hasle su obituario de 2013 cita lo siguiente:

Her general approach to research emphasized that in order to conserve biodiversity in nature, we need to know what is there, where and how much there is, and what environmental factors affect their occurrence.

Edvardsen y col. (2013)

Hasle publicó en 1965 un trabajo de investigación básica en el que describía dos formas de una misma especie, Nitzschia pungens forma multiseries y Nitzschia pungens forma pungens, en base a sutiles detalles morfológicos.

Nitzschia pungens f. multiseries. Fuente: Hasle (1974).

Nadie le prestó mucha atención a este trabajo de taxonomía tan refinado hasta que en 1987 se produjo una intoxicación de origen desconocido en Prince Edward (Canadá). Afectó a un centenar de personas tras consumir mejillones contaminados. Cuatro de ellas fallecieron.

La responsable era una diatomea productora de una nueva clase de toxinas (de tipo amnésico: ácido domoico). Las muestras de la proliferación tóxica se enviaron a David G. Mann y Grethe R. Hasle, quienes ratificaron que se trataba de Nitzschia pungens Grunow forma multiseries Hasle.

Recogiendo mejillones en la isla Prince Edward (Canadá). Fuente: saltwire.

Su hermana casi gemela (Nitzschia pungens f. pungens) no producía toxinas, y genéticamente era suficientemente distinta como para considerarla otra especie.

Así, en 1994 Hasle recuperó al género Pseudo-nitzschia, que por entonces era una sección dentro de Nitzschia, y en 1995 renombró ambas especies como Pseudo-nitzschia multiseries (responsable de la intoxicación en Canadá) y Pseudo-nitzschia pungens.

En total, Hasle describió y/o renombró 21 de las 53 especies hoy aceptadas en el género Pseudo-nitzschia (el único que incluye diatomeas tóxicas junto a contadísimas especies en Nitzschia y Amphora).

En cuanto a Fryxell, su investigación en oceanografía se centró también en las diatomeas de todo el mundo: ciclos de vida, patrones de abundancia y sucesión en el medio natural, especialmente los géneros Thalassiosira, Nitzschia y proliferaciones tóxicas de Pseudo-nitzschia al final de su carrera.

Imágenes de MEB de diatomeas. A) Asteromphalus hookeri, B) Corethron criophilum, C) Cimatosira lorenziana, D) Nitzschia bicapitata. Fuente: Fryxell (1983).

Linda K. Medlin (a quien conocemos de colaboraciones pasadas en el IEO), comenzó su carrera en el laboratorio de Fryxell abriendo camino en los 80′ para un nuevo campo: el estudio filogenético del fitoplancton. Y en el obituario que le dedicó en 2018 recuerda una frase de ella al respecto: ‘Are you sure you know what you’re doing?’.

Linda también recuerda la bienvenida de Fryxell a su laboratorio: [‘So glad that you have seen the light!’ (the light being to work on diatoms)], y su emoción por los descubrimientos con un nueva técnica, la microscopía electrónica.

Entre los testimonios de discípulos y colaboradores que recogió Medlin en 2018 me llamaron la atención estas palabras de Tracy A. Villareal:

Her struggles as one of the few women in the department were transformative to my understandings of how gender issues play out in academia.

Medlin L.K. (2018)

Debe ser agotador que te cuelguen la etiqueta de pionera y te lo recuerden a todas horas.

Fryxell y Hasle fueron eminencias mundiales en el estudio de las diatomeas; las suyas son historias exitosas, largas e inspiradoras. Referentes para su disciplina y las ciencias marinas en general.

Muchas otras mujeres no pudieron desarrollar sus carreras científicas ni alcanzar el merecido reconocimiento durante siglos.

Y es que la brecha histórica entre hombres y mujeres en diversos ámbitos de la ciencia sigue abierta (p.ej. igualdad de oportunidades para progresar en la carrera científica, reconocimiento y participación pública, sesgos de financiación, etc.).

La ciencia no es ajena a la realidad social en la que vivimos, forma parte de ella.

En España las mujeres suponen el 52% de la plantilla investigadora en la administración pública, pero la proporción superior de mujeres al inicio de la carrera científica se invierte sobremanera a medida que se avanza en ella.

De ahí la importancia de iniciativas como, entre otras, No More Matildas, Oceánicas y el Día Internacional de la Mujer y la Niña en Ciencia (11F). Y aunque hayamos avanzado en materia de igualdad en pocas décadas, voy a terminar con unos gráficos que me parecen muy reveladores...

Fuente: elaboración propia (ver referencias).

De todos los donuts yo destacaría la desigualdad en el premio de la sociedad ficológica americana (PSA, EEUU), un campo en el que destaca la presencia femenina. De hecho, Fryxell y Hasle (Greta y Grethe), recibieron dicho galardón en 1996 y 1999. Pero ya ven, ni así…

Referencias:

  • Award of Excellence Phycological Society of America. Enlace web.
  • Estudio sobre la situación de las jóvenes investigadoras en España. MICINN, Gobierno de España. Enlace web.
  • Fryxell G.A. New evolutionary patterns in diatoms. BioScience 33:92-98 (1983).
  • Fryxell G.A. & Hasle G.R. Thalassiosira eccentrica (Ehrenb.) Cleve, T. symmetrica sp. nov., and some related centric diatoms. J. Phycol. 8:297–317. (1972).
  • Fryxell G.A. & Hasle G.R. Taxonomy of harmful diatoms. En: Manual on Harmful Marine Microalgae (Ed. by G.M. Hallegraeff, D.M Anderson & A.D. Cembella), pp 465–509. UNESCO, Monographs on oceanographic methodology 11. (2003).
  • Hanic L.A. The 1987 PEI toxic mussel episode a personal perspective. 115 pp. (2014). Enlace web.
  • Hasle G.R. Validation of the names of some marine planktonic species of Nitzschia (Bacillariophyceae). Taxon 23: 425–428. (1974).
  • National Medal of Science (NSF). Enlace web.
  • Obituary – Greta A. Fryxell, Diatom Research. Medlin L.K. (2018). Enlace web.
  • Premios Princesa de Asturias. Enlace web.
  • Premio Ramón Margalef de Ecología. Enlace web.
  • Tribute to Professor Grethe Rytter Hasle, Diatom Research. Edvardsen B. y col. (2018). Enlace web.

Algas y bellas artes

Imagen de portada: detalle de un mural de LIQEN (en Vigo).

Hoy toca hablar de representaciones artísticas de algas, sobre todo en la pintura pero también en otros medios.

Empezaré por un cuadro imprescindible en este blog: la marea roja de Carlos Sobrino Buhigas. Dicha obra aparecía en el trabajo «La purga del mar ó hematotalasia» (1918) de su hermano Ramón, quien describió por primera vez con acierto al responsable de una marea roja en Galicia (y que yo sepa, en España).

«La purga del mar ó hematotalasia en la ría de Pontevedra» (Sobrino, 1918).

Un artículo científico con un cuadro al óleo…ahí queda eso.

Carlos Sobrino Buhigas (Pontevedra, 1885-Vigo, 1978). Fuente: De Vida Gallega, Galiciana. Wikimedia commons.

De esta obra hablamos en varias entradas [1,2] porque en ella confluyen ciencia, arte y hechos históricos alrededor de las mareas rojas.

El cuadro de Sobrino se perdió y no hay forma de saber dónde está.

Seguro que muchas personas han intentado localizarlo, pero mientras preparaba esta entrada consulté al Museo del Prado, al Reina Sofía (MNCARS), a Museos de Galicia, A Fundación…

De momento me contestaron los tres primeros, aunque sólo para confirmar que no tienen registros del cuadro ni referencia en subastas pasadas…

La reproducción de este cuadro de Sobrino se incluyó también en «Arte e Ciencia en Galicia» (2013) de Francisco Díaz-Fierros Viqueira.

En 2017, coincidiendo con las actividades de divulgación que preparábamos para el centenario del centro oceanográfico de Vigo, escribí a Díaz-Fierros para preguntarle si había sabido algo de su paradero…

..pero tampoco. Aunque tuvo contacto con familiares nadie sabe nada...

La segunda obra de hoy la descubrí en la Pinacoteca Francisco Fernández del Riego, en Vigo.

Su autor es Antonio Fernández Gómez y representa a dos mujeres recogiendo algas entre las rocas.

Mulleres recollendo algas (Fernández Gómez, 1958). Óleo sobre tela.

Fernández Gómez pertenecía al mismo movimiento en el que también se inscribe Sobrino Buhigas: el «rexionalismo».

Os artistas galegos nacidos cara a 1870 son plenamente conscientes da escaseza de pintura no desenvolvemento da arte galega. Por isto aspirarán á creación dunha obra persoal que, antes que nada, sexa interpretación fidedigna da luz, a cor, a esencia do país. 

[…] En Galicia BELLO PIÑEIRO, SOBRINO BUHIGAS, IMELDO CORRAL buscan  unha pintura que transmita o diferente e auténtico ser de Galicia.

Siglo XIX e rexionalismo (Museo da Cidade «Quiñones de León»)

Santiago Ramón y Cajal menciona a Fernández Gómez en su libro «El mundo visto a los ochenta años: impresiones de un arteriosclerótico» (1934). En concreto en el capítulo La degeneración de las artes, donde pone de vuelta y media a la pintura de vanguardia.

Antonio Fernández Gómez (Goián, 1882-1970). Fuente: antoniofernandezpintor

Cajal se despacha a gusto con Picasso, Cézanne, Matisse, Kandinsky…seguro que no era su intención pero resulta muy divertido. Y a la vez interesante porque los mismos calificativos (pueriles, pintarrajeos, etc.) los aplicamos hoy en día a artistas que serán clásicos en el futuro.

Pues bien. En una nota a pie de página un Cajal ya desahogado dice: «Son de encomiar por belleza y fidelidad la honrada pintura tradicional, […] los paisajes de Fernández Gómez…«.

Lago Taihu afectado por una proliferación de cianobacterias. Fuente: CGTN

Saltemos ahora al s.XXI.

El lago Taihu, el tercero de China, situado en el delta del Yantsé, es muy importante para la acuicultura, turismo y suministro de agua en las poblaciones circundantes.

Pero la desbocada contaminación industrial y agrícola ha provocado que en los últimos 20 años estallen tremendos blooms de cianobacterias (Microcystis, Synechococcus y Cyanobium, entre otras), y de algas verdes.

Si buscan «lago Taihu» en internet descubrirán un montón de imágenes de sus aguas teñidas por la pasta verde de las microalgas…más que un lago parece un prado.

Las toxinas de cianobacterias en dicho lago causaron la «Crisis del agua potable de Wuxi» en 2007, dejando sin suministro de agua potable a más de 2 millones de personas en dicha ciudad durante una semana.

Aquel año el gobierno de China anunció a bombo y platillo un plan de 14.500 millones $ para limpiar el lago Taihu…

A Story of Qinglu shanshui hua. Fuente: OCULA

Pero aún hoy continúan los blooms y los daños medioambientales. No sólo por las toxinas que dañan a la fauna y flora del lago poniendo en riesgo la salud pública, sino además ¡por el pestazo de las cianobacterias!

El artista chino Wenda Gu quiso concienciar sobre este problema y partiendo de la tradición (la escuela pictórica Qinglu shanshui hua que usa tonos verdes y azules), sustituyó los pigmentos habituales por los de extractos de microalgas verdes.

Primero se liofilizaron las algas y las trataron previamente para eliminar cualquier rastro de toxicidad.

Luego se rehidrataron y las pusieron en manos de 1500 escolares (de entre 5-12 años) en una instalación en Shenzen (A Story of Qinglu shanshui hua).

Los niños usaron las algas para pintar lo que les apeteció sobre tiras de papel de arroz con el objetivo de elaborar finalmente un paisaje de 1500 m2.

La cosa apestaba. Sólo hay que ver a la niña de la foto…

Y eso es precisamente lo que quería Wenda Gu...

No atufar a los niños porque sí, sino reflexionar sobre el verde que asociamos a la naturaleza…

…pero que en este caso simboliza su deterioro por la acción irresponsable del hombre.

Y por último vamos con The Algae Society: Bioart Design Lab.

Se trata de un colectivo interdisciplinar que promueve la colaboración y experimentación artística con algas para:

«…crear nuevo conocimiento, nuevas ideas y nuevas formas de pensamiento que quizás se traduzcan en maneras de resolver problemas, pensando en el planeta como un sistema«, según una de sus integrantes (Jennifer Parker, Universidad California Santa Cruz).

Su primera exposición en España se tituló Drift & Migrate (Fluir y Migrar), en la Facultad de Bellas Artes de la Universidad Complutense de Madrid, 6-20 noviembre 2019 (cuando éramos felices y no lo sabíamos).

Para describir la exposición nada mejor que Tribuna Complutense:

¿Puede cumplir el arte algún papel en la lucha contra el cambio climático? Hay una respuesta afirmativa obvia: concienciar sobre lo que está ocurriendo, pero más allá de esa obviedad hay artistas que opinan que pueden trabajar en colaboración con los científicos para pensar juntos en soluciones que nos descubran quiénes somos y qué papel cumplimos en este planeta. Algunos de los artistas que piensan así han conformado el grupo The Algae Society.

[…] en la muestra hay 52 obras de 73 artistas, y todas ellas comparten un objetivo: «dar difusión al tema del cambio climático, sobre todo en lo relativo a la acidificación de los océanos, algo que está muy vinculado con las algas, porque lo que no se suele conocer es que más del 50% del oxígeno que respiramos proviene de ellas».

Jaime Fernández (Tribuna Complutense, 19 noviembre 2019).

En la web Algae Society hay imágenes y vídeos de proyectos relacionados con proliferaciones de algas y mareas rojas, pero a mí la que más me gustó fue A collaboration with algae de Juniper Harrower, recreando la visión de células al microscopio con aceites de extractos de algas.

Con ella les dejo…

Referencias:

  • Arte e Ciencia en Galicia: a ilustración científica e técnica. Díaz-Fierros Viqueiro F. USC 139 pp. (2013).
  • El mundo visto a los ochenta años: impresiones de un arteriosclerótico. Ramón y Cajal S. 170 pp. (1934).
  • Feng L. y col. Dominant genera of cyanobacteria in Lake Taihu and their relationships with environmental factors. J. Microbiol. 54:468-476 (2016).
  • Liu Y. y col. Cyanobacteria-/cyanotoxin-contaminations and eutrophication status before Wuxi Drinking Water Crisis in Lake Taihu, China. J. Environ. Sci. 23:575-581 (2011).
  • Sobrino R. La purga del mar o hematotalasia. Mem. de la R. Soc. Esp. de Hist. Nat. X:407-458 (1918).
  • Fuentes web: ainsuadoinsua.blogspot.com